ANALYSES

Des analyses sur les questions de genres, familles et sexualités

Malgré la « révolution sexuelle »  et une nouvelle vague du féminisme qui met en lumière le clitoris comme nouvel étendard, le plaisir féminin semble rester une difficulté pour plus d’une femme. Le corps des femmes et leur possibilité de jouir librement seraient peut-être plus entravés qu’on nous le laisserait croire ?

 

Instagram est le réseau social le plus utilisé chez les jeunes, et pour cause, différents comptes sensibilisent, transmettent, diffusent, témoignent sur des sujets aussi divers que tabous dans la société actuelle. Les jeunes y trouvent des messages qui leur parlent et s’y retrouvent. Une nouvelle manière de s’engager ?

La prostitution repose-t-elle sur un véritable consentement ou est-elle le résultat d’une domination économique et patriarcale ? Sur quoi nos représentations collectives sont-elles fondées ? Pour protéger les femmes, faut-il l’abolir ou donner plus de droits à celles qui l’exercent ? Les militant·es abolitionnistes voient la prostitution comme une violence en soi sur le corps des femmes, tandis que certaines personnes prostituées se reconnaissent comme des travailleur·ses du sexe et revendiquent une réglementation de travail.

Même si la pratique de l’ensemble des IVG a été renvoyée pendant le confinement auprès des plannings familiaux et des centres extrahospitaliers, s’y rendre pour les femmes ne fut pas chose aisée. Et ce également, dans le contexte de la proposition de loi d’une dépénalisation totale de l’avortement et d’un élargissement des conditions d’accès … quatre fois reportée au Conseil d’Etat !

 

Le fait de donner la vie est encore et toujours vu par la société comme une nécessité, un passage obligé pour être une vraie femme, pleinement accomplie. Il est plus que temps de déconstruire cette idée et, pour ce faire, de s’interroger sur l’espace réel laissé aux décisions et aux volontés individuelles des femmes, sur la pression sociale et médicale qu’elles subissent, sur la confusion entre privé et public dans la société, sur la tyrannie de la norme.

 

Quelles opportunités les citoyennes ont-elles de s’approprier l’aménagement de leur territoire selon leurs besoins ? Tant que le plan sera pensé par des hommes urbanistes, ingénieurs, architectes, éloignés d’une vision systémique de l’utilisation des espaces, la préoccupation ne sera pas à une réflexion sur le genre et risque de s’appuyer davantage sur la prouesse technologique. Symboliquement, les rues portant des noms de personnes sont au nombre de 87 : 6 sont des personnages féminins !

Que les violences préexistent ou non au confinement, il est évident que la privation de libre circulation dans l’espace public, la promiscuité constante et forcée, les soucis de santé et d’argent accrus par la situation de crise augmentent contraintes, stress et frustrations : un contexte idéal d’émergence ou d’augmentation des tensions et des agressions.

Au sein même du foyer, le confinement aura-t-il déconstruit les habitudes genrées liées au care, aux tâches domestiques et à la charge mentale ? Loin d’avoir allégé celle-ci, même s’il y a bien sûr des exceptions, le confinement a d’autant plus accentué la charge émotionnelle des femmes. On attend d’elles qu’elles assurent le bien-être émotionnel de toute la famille. Ce sont elles qui réconfortent, qui rassurent, qui soignent, qui font le lien entre les générations.

Par ailleurs, en confinement, les femmes sont-elles débarrassées des regards qui se posent sur leurs corps ? Si certaines femmes sont soulagées, d’autres maintiennent leur routine, voire l’augmentent … Peut-être est-ce l’occasion pour les femmes de nouer une relation plus authentique à leur corps et à se le réapproprier ?

Face à la pénurie de masques, des initiatives citoyennes et des groupes de solidarités locaux et régionaux ont fleuri un peu partout en Belgique au fil des semaines. Tout cela encore une fois sur le dos des femmes … et des bénévoles ? La machine à coudre est un révélateur des inégalités et d’un système grippé. Et le masque, dans le flou du déconfinement, devient le symbole de la distanciation sociale, de la possibilité de consommer mais pas de se rassembler …

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