ANALYSES

Des analyses sur les questions de genres, familles et sexualités

Même si la pratique de l’ensemble des IVG a été renvoyée pendant le confinement auprès des plannings familiaux et des centres extrahospitaliers, s’y rendre pour les femmes ne fut pas chose aisée. Et ce également, dans le contexte de la proposition de loi d’une dépénalisation totale de l’avortement et d’un élargissement des conditions d’accès … quatre fois reportée au Conseil d’Etat !

 

Le fait de donner la vie est encore et toujours vu par la société comme une nécessité, un passage obligé pour être une vraie femme, pleinement accomplie. Il est plus que temps de déconstruire cette idée et, pour ce faire, de s’interroger sur l’espace réel laissé aux décisions et aux volontés individuelles des femmes, sur la pression sociale et médicale qu’elles subissent, sur la confusion entre privé et public dans la société, sur la tyrannie de la norme.

 

Quelles opportunités les citoyennes ont-elles de s’approprier l’aménagement de leur territoire selon leurs besoins ? Tant que le plan sera pensé par des hommes urbanistes, ingénieurs, architectes, éloignés d’une vision systémique de l’utilisation des espaces, la préoccupation ne sera pas à une réflexion sur le genre et risque de s’appuyer davantage sur la prouesse technologique. Symboliquement, les rues portant des noms de personnes sont au nombre de 87 : 6 sont des personnages féminins !

Que les violences préexistent ou non au confinement, il est évident que la privation de libre circulation dans l’espace public, la promiscuité constante et forcée, les soucis de santé et d’argent accrus par la situation de crise augmentent contraintes, stress et frustrations : un contexte idéal d’émergence ou d’augmentation des tensions et des agressions.

Au sein même du foyer, le confinement aura-t-il déconstruit les habitudes genrées liées au care, aux tâches domestiques et à la charge mentale ? Loin d’avoir allégé celle-ci, même s’il y a bien sûr des exceptions, le confinement a d’autant plus accentué la charge émotionnelle des femmes. On attend d’elles qu’elles assurent le bien-être émotionnel de toute la famille. Ce sont elles qui réconfortent, qui rassurent, qui soignent, qui font le lien entre les générations.

Par ailleurs, en confinement, les femmes sont-elles débarrassées des regards qui se posent sur leurs corps ? Si certaines femmes sont soulagées, d’autres maintiennent leur routine, voire l’augmentent … Peut-être est-ce l’occasion pour les femmes de nouer une relation plus authentique à leur corps et à se le réapproprier ?

Face à la pénurie de masques, des initiatives citoyennes et des groupes de solidarités locaux et régionaux ont fleuri un peu partout en Belgique au fil des semaines. Tout cela encore une fois sur le dos des femmes … et des bénévoles ? La machine à coudre est un révélateur des inégalités et d’un système grippé. Et le masque, dans le flou du déconfinement, devient le symbole de la distanciation sociale, de la possibilité de consommer mais pas de se rassembler …

Pendant que la moitié de la planète est en confinement à domicile, l’autre moitié travaille pour satisfaire les besoins élémentaires de la population, et en première ligne : les femmes ! Autant de métiers invisibles et dévalorisés dont on semble découvrir l’importance vitale dans cette crise sans pour autant assurer la sécurité de celles et ceux qui les exercent. Il est indispensable que tous ces métiers puissent être revalorisés et que les systèmes dans leur ensemble puissent être repensés. Puisque ce qui était présenté comme impossible devient possible dès lors que l’urgence le réclame !

Près de cinquante ans après la sortie du livre « Our bodies, ourselves[1] », référence du mouvement pour la santé des femmes, pour leur autonomie et dans la critique d’une surmédicalisation paternaliste et sexiste, des initiatives de self-help et d’auto-gynécologie ont fleuri ces dernières années, avec de nouvelles réflexions et analyses… et de nouvelles actions et pratiques.

[1] The Boston Women’health collective, Our bodies, ourselves

Tandis que pour certains individus, l’orientation sexuelle – se sentir et s’auto-proclamer par exemple homo-, hétéro-, bi-, pansexuelle – est une évidence et un élément permanent de leur identité, pour d’autres, la réalité est tout autre. Comment la psychologie a défini la fluidité sexuelle de Freud à Lisa Diamond.

Le slam est un moyen de dire sa révolte et de la faire partager, de la poésie écrite pour être dite. Ecouter les autres slamer, c’est aussi découvrir une idée à laquelle on n’avait pas pensé, un sujet auquel on n’avait pas réfléchi. La technique rencontre un énorme succès auprès des femmes, jeunes et moins jeunes. Plus besoin d’être poétesse avérée ou comédienne chevronnée pour oser s’exprimer, seule suffit l’authenticité, l’émotion qui fait vibrer. Il suffit de raconter, de se raconter. « On ne s’excuse de rien » souligne Lisette Lombé. Les slameuses portent des combats féministes, font entendre la voix des femmes.

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