Thème : Inégalités

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Dans le système de santé, le confinement, la peur du virus et l’urgence d’y faire face, a généré un accès différentiel aux soins pour des personnes déjà isolées et vulnérables.

On a constaté une chute des urgences, le dépistage tardif des cancers, des retards dans la prise en charge de pathologies chroniques, un accès plus difficile aux IVG et aux suivis péri et post nataux. Tandis que les mesures interdisaient paradoxalement aux médecins généralistes de soigner leurs patient·es s’ils semblaient atteint·es de la covid. Les examens médicaux ont en effet été pour la plupart postposés ou annulés, sans tenir compte d’une échelle des urgences, ou des soins indispensables.

La santé sexuelle et reproductive reste un espace de tensions et de rapports de pouvoir entre les femmes et les structures de santé. Le protocole du suivi prénatal a été réduit à son minimum, tandis que le post-partum, une période souvent bien difficile à vivre pour les femmes et négligée d’un point de vue médical, a semblé être encore plus vite évacué qu’à l’ordinaire.

Cette crise dévoile l’importance du Care, du prendre soin : l’importance du contact visuel, du contact physique, d’être entendu·es, d’être compris·es dans nos besoins.

La crise sanitaire a été vécue à partir de la sphère privée et intime avec la disparition quasi totale de ce qui constituait la vie sociale, en tout cas de tous les lieux de socialisation ordinaires. Face à la réorganisation indispensable dans chaque famille, pour chaque personne, l’adaptation à un nouveau rythme et aux nouvelles angoisses, très vite les écrans ont envahi – encore davantage – notre vie privée.

Un des plus grands défis alors a été d’exercer différents rôles simultanément. En temps normal, des espaces et des temps sont bien différenciés, et tout ça a explosé avec le confinement. Cela a donc demandé un effort additionnel dans l’organisation : télétravailler, participer à des réunions virtuelles, accompagner les enfants dans leurs tâches d’apprentissage et de loisirs, gérer les tensions et émotions familiales, cuisiner, nettoyer…

Quels en sont les impacts sur notre quotidien et sur notre rapport au travail ? Les mesures ont-elles engendré davantage d’inégalités sociales et de genre ?

Le confinement nous a obligé à supprimer certains de nos projets, et a permis d’en créer d’autres. La réalisation d’un podcast par le Réseau wallon pour la Santé des femmes, suite à une récolte de témoignages, par téléphone ou via le net, nous a donné la possibilité de relayer des situations personnelles qui ont toutes en commun de rendre visibles des dimensions de la vie qui affectent particulièrement les femmes et qui sont à comprendre dans des rapports sociaux inégaux, notamment en termes de genre.

Le fait de nous retrouver, même virtuellement, autour d’un projet commun et de donner du temps à des femmes de mettre des mots sur ce qu’elles vivaient et sur leurs émotions, a déjà donné du sens à notre démarche.

Malgré la « révolution sexuelle »  et une nouvelle vague du féminisme qui met en lumière le clitoris comme nouvel étendard, le plaisir féminin semble rester une difficulté pour plus d’une femme. Le corps des femmes et leur possibilité de jouir librement seraient peut-être plus entravés qu’on nous le laisserait croire ?

 

Même si la pratique de l’ensemble des IVG a été renvoyée pendant le confinement auprès des plannings familiaux et des centres extrahospitaliers, s’y rendre pour les femmes ne fut pas chose aisée. Et ce également, dans le contexte de la proposition de loi d’une dépénalisation totale de l’avortement et d’un élargissement des conditions d’accès … quatre fois reportée au Conseil d’Etat !

 

Le fait de donner la vie est encore et toujours vu par la société comme une nécessité, un passage obligé pour être une vraie femme, pleinement accomplie. Il est plus que temps de déconstruire cette idée et, pour ce faire, de s’interroger sur l’espace réel laissé aux décisions et aux volontés individuelles des femmes, sur la pression sociale et médicale qu’elles subissent, sur la confusion entre privé et public dans la société, sur la tyrannie de la norme.

 

Quelles opportunités les citoyennes ont-elles de s’approprier l’aménagement de leur territoire selon leurs besoins ? Tant que le plan sera pensé par des hommes urbanistes, ingénieurs, architectes, éloignés d’une vision systémique de l’utilisation des espaces, la préoccupation ne sera pas à une réflexion sur le genre et risque de s’appuyer davantage sur la prouesse technologique. Symboliquement, les rues portant des noms de personnes sont au nombre de 87 : 6 sont des personnages féminins !

Face à la pénurie de masques, des initiatives citoyennes et des groupes de solidarités locaux et régionaux ont fleuri un peu partout en Belgique au fil des semaines. Tout cela encore une fois sur le dos des femmes … et des bénévoles ? La machine à coudre est un révélateur des inégalités et d’un système grippé. Et le masque, dans le flou du déconfinement, devient le symbole de la distanciation sociale, de la possibilité de consommer mais pas de se rassembler …

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