ANALYSES

Des analyses sur les questions de genres, familles et sexualités

Pendant que la moitié de la planète est en confinement à domicile, l’autre moitié travaille pour satisfaire les besoins élémentaires de la population, et en première ligne : les femmes ! Autant de métiers invisibles et dévalorisés dont on semble découvrir l’importance vitale dans cette crise sans pour autant assurer la sécurité de celles et ceux qui les exercent. Il est indispensable que tous ces métiers puissent être revalorisés et que les systèmes dans leur ensemble puissent être repensés. Puisque ce qui était présenté comme impossible devient possible dès lors que l’urgence le réclame !

Près de cinquante ans après la sortie du livre « Our bodies, ourselves[1] », référence du mouvement pour la santé des femmes, pour leur autonomie et dans la critique d’une surmédicalisation paternaliste et sexiste, des initiatives de self-help et d’auto-gynécologie ont fleuri ces dernières années, avec de nouvelles réflexions et analyses… et de nouvelles actions et pratiques.

[1] The Boston Women’health collective, Our bodies, ourselves

Tandis que pour certains individus, l’orientation sexuelle – se sentir et s’auto-proclamer par exemple homo-, hétéro-, bi-, pansexuelle – est une évidence et un élément permanent de leur identité, pour d’autres, la réalité est tout autre. Comment la psychologie a défini la fluidité sexuelle de Freud à Lisa Diamond.

Le slam est un moyen de dire sa révolte et de la faire partager, de la poésie écrite pour être dite. Ecouter les autres slamer, c’est aussi découvrir une idée à laquelle on n’avait pas pensé, un sujet auquel on n’avait pas réfléchi. La technique rencontre un énorme succès auprès des femmes, jeunes et moins jeunes. Plus besoin d’être poétesse avérée ou comédienne chevronnée pour oser s’exprimer, seule suffit l’authenticité, l’émotion qui fait vibrer. Il suffit de raconter, de se raconter. « On ne s’excuse de rien » souligne Lisette Lombé. Les slameuses portent des combats féministes, font entendre la voix des femmes.

Si la pilule colle le plus dans les esprits au mot contraception, le modèle contraceptif focalisé sur celle-ci depuis les années 70 commence cependant à s’effriter. Différentes méthodes accessibles aux femmes sont diffusées… alors que les alternatives masculines, hormis le préservatif et la vasectomie, sont méconnues, en cours de recherche ou pas forcément fiables. C’est aussi ce qu’a révélé le micro-trottoir que nous avons réalisé le 13 novembre 2019 dans les rues de Louvain-la-Neuve sur la responsabilité contraceptive. Pourtant, une prise en charge contraceptive masculine plus importante aiderait à réduire le nombre de grossesses non désirées et d’avortements.

Les hommes semblent vouloir prendre davantage en charge la contraception : illusion ou réalité ? N’est-ce pas aussi le succès de l’utilisation de la pilule chez les femmes qui fait renoncer à chercher une alternative du côté masculin ? La diffusion de la contraception hormonale et plus particulièrement de la pilule contraceptive a eu deux grands effets : elle a permis aux femmes de vivre une sexualité libérée de la crainte continue de la grossesse et elle a entraîné un retournement de la responsabilité contraceptive. On passe ainsi progressivement d’une contraception masculine à une féminisation de la contraception avec un désinvestissement progressif de l’homme.

Nos corps de femmes sont impactés dans le temps et dans l’espace par des normes qui le fabriquent, le cantonnent, le réduisent… Lors du dernier forum d’Alter Egales, des femmes de terrain ont identifié les enjeux à travailler aujourd’hui pour ne plus être physiquement “remises à notre place”.

Le film « La vie d’une petite culotte et de celles qui la fabriquent » fait découvrir les destins croisés de femmes dans l’ombre des filières des productions textiles. Un processus de fabrication qui symbolise à lui seul les mécanismes grippés de la mondialisation capitaliste. La rotation des produits étant extrêmement rapide, le gros de l’industrie de la confection a quitté les pays occidentaux pour s’installer dans des pays à bas salaires, moins regardants sur les normes sociales, fiscales ou environnementales. L’essentiel du budget est quant à lui consacré à la conception et la vente (entendez le marketing !). Aucune marque de vêtements n’intègre le montant d’un salaire vital dans le prix qu’elle paie à ses fournisseurs. Pour lutter contre la précarisation, il s’agit d’abord de renforcer les travailleuses pour qu’elles puissent défendre leurs droits.

Nous recherchons, de manière légitime somme toute, des biens de consommation à bas prix, en ignorant parfois sciemment leurs origines. L’étiquette n’est pas nécessairement d’une grande aide puisque les firmes déguisent souvent la provenance de leurs produits. En réalité, aucune firme européenne, et surtout aucune petite entreprise ou atelier, ne peut concurrencer les produits bons marchés conçus à travers la chaîne d’exploitation des travailleuses. Une note d’espoir : les comportements évoluent et redonner une deuxième vie à des vêtements devient monnaie courante aujourd’hui.

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